“L’ARES est une aventure singulière” interview de Bryan Coder

L’ARES a été créée le 30 janvier 2010. A l’occasion de son 10ème anniversaire, retrouvez une interview exclusive de Bryan Coder, 1er Président de l’ARES.

A5 – L’ARES fête aujourd’hui ses 10 ans. Quel parcours ! Quelle folie vous a pris à l’époque ? Pour quelles raisons avez-vous créé l’ARES le 30 janvier 2010 ? 

Bryan Coder – En effet, il fallait pas mal de folie à l’époque. Mais, tout cela était plus facile parce qu’il y avait un noyau dur d’associatifs qui croyait fermement en ce projet. Deux raisons expliquent l’émergence de ce projet :

  • d’un point de vue conjoncturel d’une part : à l’époque, chaque filière était confrontée à des enjeux majeurs, ayant un impact sur son avenir (enseignement de l’économie, relation éco-IAE, passage au LMD complexe pour les AES, réforme des métiers du droit et place à l’université, etc.) ;
  • d’un point de vue structurel d’autre part : le modèle unique de représentation proposé aux étudiants en sciences sociales n’offrait pas de solutions satisfaisantes. Inerte, conservateur, et opportuniste dans ses prises de position, ce modèle ne garantissait pas de pluralité dans le mode de gouvernance, avec un poids très fort donné à la filière droit (ce qui pouvait se comprendre compte tenu de son histoire). Enfin, la place anecdotique donnée à la formation et aux projets ne favorisait pas le rayonnement des associations locales. 

Les attentes des associatifs de l’époque étaient ainsi très fortes et leur besoin n’était pas couvert. Nous avons fait le choix de créer une structure idoine, à leur image et dans laquelle chaque voix comptait. La structure s’est développé avec et grâce aux associations locales, qui se sont rapidement emparées de cet outil. Le pilotage et la gouvernance reposait sur les compétences, la motivation et la capacité d’exécution.

Nous avons donc changé de paradigme et proposé un modèle alternatif, où chaque association adhérait par conviction et non par opportunité.

A5 – Actuellement l’ARES est la première fédération chez les étudiants sciences sociales. Vous attendiez-vous avec ton équipe à un tel succès si rapide ? 

BC – Nous n’avions pas trop de doute sur la réussite de ce projet. Cela faisait plusieurs années qu’il était attendu. Pourtant d’autres projets avaient déjà échoué. Il était donc important d’apprendre de ces erreurs, pour ne pas les répéter. Que ce soit aussi rapide en revanche, c’est une agréable surprise. C’est ce qui nous rend fier lorsqu’on observe la structure de loin.

Nous avons tenté au maximum de créer les conditions nécessaires à cette réussite, qui me semble être encore d’actualité aujourd’hui :

  • d’une part, le mode de gouvernance inspiré directement de la démocratie participative ;
  • mais aussi et surtout la capacité de l’association à former ses futurs cadres, à canaliser leur énergie et à exploiter leur potentiel. 

A l’époque, attirer des associatifs était simple puisqu’on leur proposait quelque chose de nouveau, qui portait des valeurs saines et pleines de sens. Mais le véritable enjeu, c’était de les inspirer et les amener à devenir les cadres de demain. Ce travail de formation n’aurait jamais été possible sans le soutien très fort de la FAGE, à laquelle nos administrateurs ont choisi d’adhérer rapidement.

L’autre ingrédient essentiel de la durabilité de l’ARES était l’importance donné au travail de mémoire. Il était important de réfléchir le plus possible à ce que les méthodes et les outils soit au service de la stabilité et du développement de la structure. C’est dans ce contexte que la création de l’association des anciens (A5) était cruciale : les nouveaux associatifs doivent pouvoir se servir de nos expériences, de nos erreurs, de nos victoires pour s’améliorer sans cesse.

Selon moi, l’ARES a ainsi réussi à capitaliser sur son passé pour être maître de son futur.

A5 – Quel regard portes-tu sur cette première décennie ? Comment qualifies-tu l’évolution de l’ARES en 10 ans ? 

BC – C’est difficile pour moi de porter un regard sur ces 10 ans d’évolution, puisque j’ai totalement tourné la page à la fin de mon engagement associatif. Les seuls éléments que je constate, c’est lorsque je viens aux côtés d’autres anciens dans les différents congrès. Il y a deux constantes qui me rendent très fiers :

  1. que des valeurs comme la tolérance, la bienveillance et l’exigence sont toujours aussi prégnantes ;
  2. que la structure continue, consciemment ou non, de lutter contre l’isolement, de créer du lien social, de révéler des personnalités et des talents.

Je trouve aussi que l’ARES continue de renverser de nombreux a priori, elle est créative, innovante, et impulse de nouveaux champs d’investigation, de nouveaux outils. Les associatifs sont très matures, quel que soit leurs postes. Le développement du réseau est impressionnant.

Si je dois résumer, je dirai que cette évolution est exponentielle et chirurgicale, avec une dose d’humilité nécessaire pour garder les pieds sur terre.

A5 – A ton avis, que sera l’ARES dans 10 ans ? 

BC – Je laisse ces prévisions aux membres actuels de l’ARES. Je suis trop loin de la structure pour avoir un avis.

En revanche, ce que je souhaite, c’est de continuer à retrouver les constantes dont je parlai précédemment. Ce sera le signe que la structure n’a jamais oublié d’où elle venait.

A5 – Enfin pour finir, peux-tu partager avec nos lecteurs ce que l’ARES t’a apporté sur le plan personnel et professionnel ? 

BC – L’ARES, et par extension le monde associatif, est un accélérateur d’émotions et d’expériences. A chaque fois que je me replonge dans ces moments de ma vie étudiante, je ne peux m’empêcher d’avoir des frissons.

D’abord sur le plan professionnel, cette expérience m’a donné une forme de maturité professionnelle, une aisance à la prise de parole en public et une capacité à fédérer autour d’une idée commune, d’un projet. Au-delà de cela, je considère que cela m’a beaucoup appris sur le management. Impliquer et motiver des bénévoles, les écouter, reformuler, donner du sens aux actions, partager une vision, sont autant d’atouts pour manager une équipe dans le monde professionnel.

Enfin, il y a l’empathie. L’engagement associatif développe inconsciemment l’un des savoirs-être professionnel les plus rares et les plus recherchés. Être capable de se décentrer, de cerner les motivations d’autrui et de comprendre que d’autres peuvent avoir des opinions différentes, c’est un atout précieux dans une carrière.

Autant de choses que l’on n’apprendra jamais en école de commerce ou en école d’ingénieurs.

Enfin, je crois qu’il est cohérent de conclure par ce que l’ARES m’a apporté sur le plan personnel. C’est d’abord d’excellents souvenirs, sans aucun remords, avec le sentiment du devoir accompli.

Mais surtout, cette expérience a créé, renforcée et solidifiée des amitiés. Une grande partie des associatifs que je ne connaissais pas ou peu le 30 janvier 2010 sont devenus des amis très proches, qui comptent beaucoup pour moi en 2020. Je ne les aurai jamais rencontrés sans cet engagement.

L’ARES, c’est une aventure singulière, où l’on partage des moments de succès, de défaites, de doutes. Tout cela crée de la connivence et des émotions qu’aucune autre expérience ne peut vous apporter.

Bryan est l’un des co-fondateurs de l’ARES, née le 30 janvier 2010 et en devient le 1er president. Aujourd’hui, il dirige Ouest Digital, une agence de 4 personnes spécialisée en communication sur internet, qu’il a fondé en 2017. Retrouvez Bryan sur Twitter et Linkedin

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