“Mon engagement associatif a été l’élément qui m’a le plus préparé à la vie active” Interview de Réjane Vénézia

Régulièrement, retrouvez sur le site de l’A5 des interviews de membres de notre réseau qui partageront leur parcours, leur expérience et l’importance qu’a eu l’associatif dans leur transition avec le monde professionnel.  

A5 – Peux-tu te présenter ? Où habites-tu et quel métier occupes-tu ?

Réjane Vénézia – Je suis Réjane VENEZIA, ancienne associative du réseau de l’ARES. J’habite sur AVIGNON (dans le Vaucluse pour ceux qui ne savent pas) et je suis Avocat.

 

A5 – Quelle a été ta formation universitaire et ton engagement associatif ?

RV – J’ai effectué tout mon cursus universitaire en droit à AVIGNON, ma licence puis un MASTER II droit des contrats publics et privés et enfin j’ai soutenu une thèse en droit de la fonction publique et obtenu le grade de Docteur. Concernant mes engagements associatifs, j’ai intégré les associations sur le tard, en MASTER I, au sein de l’Association des Etudiants en Droit en qualité de trésorière, puis je suis devenue Présidente de l’INTER’ASSO AVIGNON, et enfin j’ai intégré le poste de VP en charge de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche au sein de l’ARES.

 

A5 – A quel point ton engagement a-t-il pu te préparer à l’entrée dans la vie active ? Est-ce de même pour tes études et ton parcours de formation ? Pour toi les études en sciences sociales forment-elles assez au monde du travail ?

RV – Mon engagement associatif a été certainement l’élément le plus formateur afin de me préparer à la vie active. En réalité, il y une certaine difficulté lorsque nous sommes étudiants à intégrer deux notions qui semblent parfaitement cloisonnées dans le cursus à la française : l’aspect théorique et l’aspect pratique. Bien évidemment, les étudiants ne sont pas déconnectés de la vie « pratique » puisque, comme moi, de nombreux étudiants travaillent pour financer leurs études par exemple. Pour autant, il y une certaine gymnastique de l’esprit particulièrement absurde en France qui consiste à transmettre un ensemble de savoir, de façon complètement déconnectés les uns des autres, inculquant les fondamentaux de la recherche universitaire : le doute, la réflexion et l’émancipation ; que l’on ne concilie pas assez avec une approche pratique où la confrontation avec la réalité demeure pourtant une étape fondamentale de l’enseignement. L’engagement associatif a permis de prendre conscience des difficultés étudiantes et de pallier les manques de l’enseignement universitaire à travers l’apprentissage de notions pratiques : gérer une équipe, gérer des plannings à travers des techniques organisationnelles, diffuser, communiquer, prévoir un budget, anticiper des difficultés, travailler dans l’urgence etc. Pour moi, l’enseignement universitaire ne permet pas de préparer au monde du travail et l’associatif a justement comblé ce manque pour moi. Ce que j’ai appris à travers mes engagements m’aide au quotidien dans mon travail : m’organiser, gérer les urgences et les hiérarchiser, gérer son travail et sa vie privée, interpeller des institutionnels, gérer les relations avec la presse etc…

 

A5 – Selon ton analyse quelles sont les force et faiblesses du modèle universitaire ? Tu es doté d’une baguette magique, cite 3 choses que tu améliorerais dans les études supérieures 

RV – Si je devais changer 3 choses dans l’enseignement universitaire je concentrerai mes vœux sur :

– Développer l’enseignement pratique et créer des ponts entre les enseignements théoriques, socles, et leurs confrontations avec la réalité du terrain ;

– Améliorer, développer, l’enseignement des langues, une vraie catastrophe.

– Concentrer les moyens sur le soutien et l’orientation des étudiants.

Bien évidemment, trois éléments à modifier semblent bien trop insuffisant, il s’agit de revoir de manière générale et globale tout un modèle. Ma modeste analyse des forces de l’enseignement supérieur en France débuterait par le constat que nous bénéficions d’un enseignement théorique de qualité, et il s’agit certainement de l’élément fondamental. De plus, nous bénéficions d’un enseignement a priori accessible à tous, qui, à une échelle internationale est formidable, mais au regard des changements nationaux récents pousse à l’inquiétude et au questionnement.

 

A5 – Est-ce que le parcours extra-scolaire prime sur le diplôme pour toi, dans un processus de recrutement ?

RV – Dans un processus de recrutement, je pense que le parcours extra-universitaire est désormais une plus-value fondamentale afin de se distinguer et d’assurer le recruteur d’un ensemble de compétences pratiques concrètes. Tout dépend de la manière dont on arrive à promouvoir ses engagements et de la façon d’éclairer le recruteur en conséquence.

 

A5 – Pour toi l’intérêt de l’A5 c’est ?

RV – Pour moi l’intérêt de l’A5 est justement de créer le liant qui manque à l’enseignement supérieur en permettant un relai direct entre les associatifs en activités et ceux qui ont désormais quitté le réseau pour intégrer une vie active et le monde du travail. Il serait bien dommage de critiquer le manque d’aspects pratiques intégrés dans le parcours universitaire pour commettre les mêmes erreurs dans nos structures associatives : il s’agit d’une fenêtre et d’un décloisonnement qui permet de se projeter, d’utiliser les forces et les expériences des ainés, et de créer son propre projet de façon éclairée.

 

A5 – Enfin pour finir, quel est ton meilleur souvenir associatif ?

RV –  Je n’ai que des bons souvenirs associatifs et il est bien difficile d’en choisir un seul. L’associatif à la retraite à un ensemble de souvenirs émus de sa vie associative. Je dirai que mon meilleur souvenir pourrait être celui du premier gala de l’université d’AVIGNON que nous avions créé et organisé non sans mal et grande difficulté.

 

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