“L’A5 représente la mémoire vive des étudiants en sciences sociales” interview de Mathias Guichon

A5 – Peux-tu te présenter ? Où habites tu et quel métier occupes-tu ?

Mathias Guichon – Je m’appelle Mathias et je suis à quelques jours de mes 30 ans. Présentement, j’habite dans la très dynamique ville de Montréal situé dans  la magnifique province du Québec. Je suis analyste d’affaires (Business Analyst) dans les CRM (Secteur des Technologies de l’Information) et mon travail consiste à travailler conjointement avec les organisations pour étudier leurs processus organisationnels et les intégrer de manière efficiente dans l’outil édité par mon employeur. En d’autres termes, en analysant les processus et en les dotant d’un outil performant, j’aide les entreprises à gagner en efficience en interne pour que ça se voit à l’externe.

A5 – Quelle a été ta formation universitaire et ton engagement associatif ?

MG – Après une année de classe préparatoire réussie ; j’ai souhaité sortir de ce cadre trop rigide pour m’orienter vers l’université. Après un passage en L2 Économie à Nancy, je me suis orienté vers une L3 Économie-Gestion à l’Université de Reims. Ensuite, j’ai fait un Master 1 à l’Université de Reims puis un Master 2 Marketing et Écoute des Marchés à l’EM Strasbourg en alternance au Crédit Agricole du Nord Est. Puis 3 ans après la fin de mon diplôme, j’ai repris une année d’étude sous la forme d’un DU (Diplôme Universitaire) en cours du soir pour me former au développement web.

A mon arrivée à Nancy en 2009, j’ai tout de suite voulu m’engager bénévolement mais l’absence d’association de filière a compliqué les choses. J’ai tout de même mené des élections UFR à l’UFR Economie pour lesquelles je suis devenu suppléant. Puis lancé dans cette dynamique, j’ai fait les élections CROUS durant lesquelles j’ai été élu CROUS. A cette époque en 2009, Bryan Coder faisait son stage à Nancy et m’a demandé d’intégrer le bureau de la toute nouvelle  ARES en tant que VP Développement du Réseau, j’ai accepté tant le challenge était intéressant.

Dès que je suis arrivé à Reims en 2010, j’ai échangé avec le Président d’INTERCampus (Fédé de Champagne-Ardenne) et je suis devenu VP Communication en parallèle de mes activités de l’ARES.

Ensuite, l’aventure s’est emballée.

  • J’ai continué à l’ARES pendant quelques années en tant que VP Communication puis Comité de Veille jusqu’en 2015.
  • Du côté d’INTERCampus, j’ai continué comme 1er VP puis Président d’INTERCampus en 2012.

 

A5 – A quel point ton engagement a-t-il pu te préparer à l’entrée dans la vie active ? Est-ce de même pour tes études et ton parcours de formation ? Pour toi les études en SS forment-elles assez au monde du travail ?

MG – Pour être honnête, les cours en Sciences Sociales, du moins en marketing, ne m’ont jamais aidé professionnellement . Ces dernières, trop théoriques et peu pratiques, ne permettent pas à un étudiant d’être opérationnel dans le cadre du travail. Néanmoins, le parcours en Sciences-Sociales m’a doté d’outils me permettant de mieux analyser le monde qui m’entoure et de m’interroger sur l’origine, la source de toutes informations.

Si je me souviens bien, la mission d’insertion professionnelle des Universités est arrivée en 2007 ce qui fait que j’ai fait parti des premiers étudiants à rentrer dans le cadre de cette nouvelle prérogative. Je pense que l’Université n’était pas dotée des outils nécessaires pour mener à bien l’étendue de cette tâche et j’espère que les choses ont bougé depuis.

Mon parcours bénévole m’a permis d’être le professionnel que je suis aujourd’hui. Etant curieux et touche à tout depuis tout petit, mes mandats associatifs m’ont permis de nourrir cette soif d’apprendre en me permettant d’évoluer sur un nombre incalculable de domaines. Se trouver à 21 ans à organiser La Nuit des Campus réunissant 3000 étudiants au Parc des Expositions de Reims, c’est une responsabilité et un accélérateur de compétences. Sans évoquer le fait de devoir porter des propositions auprès de décideurs politiques. En somme, le bénévolat c’est un apprentissage continu dans lequel on fait face à de nouveaux problèmes en permanence et pour lesquels on doit trouver des solutions pragmatiques et en équipe. Enfin, mes méthodes de travail, mon organisation,  ma capacité à synthétiser ainsi que mon professionnalisme  sont des qualités développées durant mon engagement et relevées à l’époque par mes directeurs de stage et d’alternance

A5 – Selon ton analyse quelles sont les force et faiblesses du modèle universitaire ? Tu es doté d’une baguette magique, cite 3 choses que tu améliorerais dans les études supérieures

MG – Forces

  • Excellente qualité de l’enseignement alors que l’université est presque gratuite
  • Accessibilité de l’ES, peu importe ton logement en France, tu trouveras une université près de chez toi
  • Diversité des domaines de l’enseignement

Faiblesses

  • Complétement dépassé par les attentes du milieu professionnel
  • Manque de moyens notable pour que les étudiants
  • Incapacité à développer un sentiment d’appartenance auprès des étudiants alors que ces derniers pourraient devenir des portes étendards de l’excellence universitaire française.

Baguette magique :

  • Plus de stages ; plus d’alternance, plus de concret dans les cours
  • Il faudrait décloisonner complètement les matières pour créer de l’innovation et de la synergie entre chaque parcours pour créer des idées nouvelles
  • Être en phase avec les tendances (être plus international en développant de vrais cours en anglais, développeur l’entreprenariat …)

A5 – Est-ce que le parcours extra-scolaire prime sur le diplôme pour toi, dans un processus de recrutement ?

MG – Totalement pour plusieurs raisons :

  • Cela signifie que tu es curieux
  • Cela signifie que tu es tombé sur des nouvelles problématiques que tu as du résoudre
  • Cela signifie que tu as développé ton intelligence sociale en étant en interaction avec d’autres dont l’intérêt commun était l’association. De ce fait, cela signifie que tu as du faire des compromis mais aussi donner ton avis et le défendre
  • Cela signifie que tu as développé des compétences diversifiées et de la maturité
  • Cela signifie que tu as dû faire preuve de créativité car il y a peu de moyens dans les associations
  • Cela signifie que tu es ouvert vers le monde et les autres

A5 – pour toi l’intérêt de l’A5 c’est ?

MG – L’A5 comme « Facilitateur professionnel » : Depuis que je vis à Montréal, je comprends tout la substance de ce que signifie « Développer son réseau » . Sans réseau ; et même si tu as un super CV, tu n’as rien. L’A5 doit être un facilitateur professionnel en tout points.

L’A5 comme « Gardien de la mémoire des études en Sciences Sociales » : Chaque membre est une photographie subjective du passé des études en Sciences Sociales. L’A5 représente cette mémoire vive et doit la perpétuer autant que faire se peut pour bien comprendre l’évolution de nos études.

 L’A5 comme « Force de propositions dans l’Insertion Professionnelle » : Elle doit continuer à prendre position sur les questions de l’insertion professionnelle car elle se trouve au cœur de cette problématique avec l’arrivée de nouveaux étudiants dans le milieu professionnel.

A5 – Enfin pour finir, quel est ton meilleur souvenir associatif ?

C’est difficile à dire mais je vais devoir citer 3 souvenirs :

  • La création de l’ARES pour l’énergie qui s’en dégageait ainsi que la première année avec le développement de la structure et les outils innovants sortis toute l’année
  • L’organisation de la Nuit des Campus 2012 car c’est le travail d’une année. Ce ressenti face à une foule de 3000 personnes n’a pas d’égal !
  • Les élections partout en France et surtout les dépouillements, c’est magique !

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